La pollution industrielle a son vocabulaire, partagé entre exploitants, bureaux d’études et services de l’État. Ce lexique de la pollution industrielle réunit les définitions des termes que l’on rencontre le plus souvent quand on parle de rejets dans l’air, l’eau et les sols, de dépollution des sites et des solutions durables mises en place pour limiter les impacts. Chaque entrée va à l’essentiel : ce que le mot désigne, à quoi il sert et pourquoi il compte pour protéger l’environnement et la santé.
01Dépollution
Ensemble des opérations visant à réduire ou à supprimer les substances polluantes présentes dans un milieu — un sol, une nappe, un cours d’eau ou l’air d’un site. La dépollution peut être curative, quand elle traite une contamination existante, ou préventive, quand elle évite la dispersion d’un rejet. Son objectif est de ramener le milieu à un état compatible avec l’usage prévu et avec la santé des personnes.
02ICPE
Une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement est une activité industrielle ou agricole susceptible de créer des risques ou des nuisances pour le voisinage, la santé ou la nature. Selon leur dangerosité, ces installations sont soumises à déclaration, à enregistrement ou à autorisation avant de pouvoir fonctionner. Le régime ICPE encadre leurs rejets, leur surveillance et les obligations qui pèsent sur l’exploitant, y compris à l’arrêt de l’activité.
03DREAL
La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement est le service de l’État qui, en région, instruit les dossiers des installations classées et contrôle leur conformité. Ses inspecteurs vérifient le respect des prescriptions, mesurent les rejets et peuvent proposer des sanctions en cas de manquement. C’est l’interlocuteur de référence des industriels sur les questions de pollution et de risques.
04Rejet aqueux
Eau usée évacuée par un établissement industriel vers le milieu naturel ou vers un réseau d’assainissement, après usage dans les procédés de fabrication, de refroidissement ou de nettoyage. Ce rejet peut contenir des matières en suspension, des substances dissoutes ou des polluants spécifiques à l’activité. Sa composition est encadrée et surveillée, car il constitue l’une des principales voies de contamination des eaux de surface.
05DCO et DBO5
Deux indicateurs qui mesurent la charge polluante organique d’une eau. La DCO, ou demande chimique en oxygène, évalue la quantité d’oxygène nécessaire pour oxyder chimiquement l’ensemble des matières oxydables. La DBO5, ou demande biochimique en oxygène sur cinq jours, mesure la part biodégradable de cette pollution par l’action des micro-organismes. Comparer les deux renseigne sur la nature du rejet et sur son aptitude à être traité biologiquement.
06Métaux lourds
Éléments métalliques comme le plomb, le mercure, le cadmium ou le chrome, présents dans certains procédés et rejets industriels. Ils posent problème parce qu’ils ne se dégradent pas dans l’environnement, s’accumulent dans les sols, les sédiments et les organismes vivants, et restent toxiques à faible dose. Leur présence dans un sol ou une eau oriente fortement les techniques de dépollution à mettre en œuvre.
07Nappe phréatique
Réserve d’eau souterraine contenue dans les pores et fissures des roches, alimentée par l’infiltration des pluies et souvent exploitée pour l’eau potable ou l’irrigation. Sa vulnérabilité tient à ce qu’un polluant déversé en surface peut migrer lentement jusqu’à elle et s’y diffuser durablement. Protéger la nappe est un enjeu central de la gestion des sites pollués, car sa dépollution est longue et coûteuse.
08Friche industrielle
Terrain autrefois occupé par une activité industrielle et aujourd’hui abandonné ou sous-utilisé, souvent marqué par d’anciennes pollutions du sol ou des eaux. Sa reconversion suppose généralement un diagnostic puis une dépollution adaptés au futur usage — logements, bureaux, espaces verts. Réhabiliter une friche permet de recycler du foncier déjà artificialisé plutôt que de consommer de nouveaux espaces naturels.
09Dépollution des sols
Traitement des terres contaminées par des hydrocarbures, des solvants, des métaux ou d’autres substances, afin de rendre un site compatible avec son usage. Les techniques se répartissent entre traitement sur place, traitement sur site après excavation et évacuation vers des installations spécialisées. Le choix dépend de la nature des polluants, de la profondeur atteinte et des contraintes du projet d’aménagement.
10Phytoremédiation
Technique de dépollution qui utilise des plantes pour extraire, stabiliser ou dégrader les polluants d’un sol ou d’une eau. Certaines espèces accumulent les métaux dans leurs tissus, d’autres favorisent l’activité des micro-organismes autour de leurs racines. Douce et peu coûteuse, la phytoremédiation demande du temps et convient surtout aux pollutions diffuses ou modérées plutôt qu’aux contaminations concentrées à traiter rapidement.
11Valeur limite de rejet
Concentration ou flux maximal d’un polluant qu’une installation est autorisée à rejeter dans l’air ou dans l’eau, fixé par son arrêté d’exploitation. Elle traduit en obligation chiffrée les exigences de protection de l’environnement et sert de référence aux contrôles. Dépasser une valeur limite de rejet constitue une non-conformité qui peut entraîner des mesures correctives, voire des sanctions.
12Boues industrielles
Résidus pâteux issus du traitement des eaux et des procédés industriels, concentrant les matières en suspension et les polluants retirés de l’eau. Selon leur composition, elles sont valorisées, incinérées ou stockées, et leur gestion est réglementée en tant que déchet. Leur caractérisation est indispensable avant toute filière d’élimination, car elles peuvent renfermer des substances dangereuses.
13Principe pollueur-payeur
Principe fondateur du droit de l’environnement selon lequel les frais de prévention, de réduction et de réparation d’une pollution incombent à celui qui en est responsable. Il vise à intégrer le coût des atteintes à l’environnement dans les décisions économiques plutôt qu’à le faire supporter par la collectivité. C’est sur ce fondement que repose l’obligation, pour un exploitant, de dépolluer un site qu’il a contaminé.
14Étude d’impact
Document qui analyse, avant la réalisation d’un projet, ses effets prévisibles sur l’environnement et la santé, ainsi que les mesures prévues pour les éviter, les réduire ou les compenser. Elle porte notamment sur l’air, l’eau, les sols, le bruit et la biodiversité. Pièce maîtresse de l’instruction des projets industriels soumis à autorisation, elle éclaire la décision de l’administration et l’information du public.
15Pollution diffuse
Contamination qui ne provient pas d’un point de rejet unique et identifiable, mais d’une multitude de sources dispersées sur un territoire, comme des retombées atmosphériques ou des apports répartis. Difficile à tracer et à maîtriser, elle s’oppose à la pollution ponctuelle, plus localisée. Sa réduction passe davantage par des changements de pratiques que par le traitement d’un émetteur en particulier.
16COV atmosphériques
Les composés organiques volatils sont des substances qui s’évaporent facilement à température ambiante et se retrouvent dans l’air à partir de solvants, de peintures, de carburants ou de procédés industriels. Ils participent à la formation de polluants secondaires comme l’ozone et peuvent avoir des effets sur la santé. Leur captage et leur limitation à la source font partie des enjeux de la qualité de l’air autour des sites industriels.
17Plan de gestion
Démarche encadrée qui, pour un site pollué, compare les différentes options de dépollution au regard de l’usage futur, des risques et des coûts, afin de retenir la solution la plus adaptée. Il s’appuie sur le diagnostic du site et fixe les mesures à mettre en œuvre ainsi que leur suivi. Le plan de gestion structure la réhabilitation des terrains dans une logique de proportionnalité entre effort et bénéfice sanitaire.
18ISDND
Une Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux est un site aménagé pour enfouir des déchets qui ne présentent pas de caractère dangereux, dans des conditions destinées à protéger les sols et les eaux. Elle est équipée de barrières d’étanchéité, de dispositifs de collecte des lixiviats et de captage du biogaz. Soumise au régime des installations classées, elle fait l’objet d’une surveillance qui se prolonge après la fin de l’exploitation.
19Servitude d’usage
Restriction juridique attachée à un terrain, qui limite les usages possibles pour tenir compte d’une pollution résiduelle laissée en place après réhabilitation. Elle peut interdire, par exemple, certaines constructions, le potager ou l’usage d’une eau souterraine. En inscrivant durablement ces contraintes, la servitude d’usage garantit que la mémoire de la pollution ne se perde pas lors de futures transactions ou aménagements.
20Diagnostic de pollution
Investigation qui recense l’histoire d’un site, prélève des échantillons de sol, d’eau ou de gaz et analyse la présence éventuelle de polluants. Il permet de délimiter les zones contaminées, d’identifier les substances en cause et d’évaluer les risques pour les personnes et l’environnement. Étape préalable à toute dépollution ou reconversion, le diagnostic conditionne le choix et le dimensionnement des travaux.