Quand l’exploitant d’une usine classée Seveso disparaît en liquidation, la mise en sécurité du site ne s’arrête pas : à Tarascon, l’État a fini par confier les travaux à l’Ademe, aux frais de la société, après des semaines de bras de fer avec les liquidateurs de Fibre Excellence.
- L’usine de pâte à papier, en liquidation depuis le 29 juillet 2026, est classée Seveso seuil bas.
- Bois, produits chimiques et déchets dangereux y restent stockés près du Rhône.
- Deux titres de perception, de 4 488 100 € et 3 500 000 € TTC, visent les liquidateurs.
- L’Ademe assure la prévention de l’incendie et le gardiennage depuis le 1er octobre.
Plan de l'article
Que reste-t-il sur le site de Tarascon ? #
La question n’a rien de théorique. D’après le Figaro, qui cite le communiqué du gouvernement, « d’importants volumes de bois et de produits chimiques demeurent stockés à proximité immédiate du Rhône » sur ce site de 46 hectares, qui employait 270 personnes.
Une visite des services de l’État a relevé du bois, des produits dangereux et des déchets répartis sur l’ensemble de l’usine, dont des déchets dangereux liquides. Selon l’arrêté du 21 septembre analysé par Actualités News Environnement, on y trouvait encore du peroxyde d’hydrogène, de la soude, de l’acide sulfurique et des liqueurs noires le 15 septembre.
Qui doit mettre l’usine en sécurité en cas de liquidation ? #
La réponse est d’abord juridique : les liquidateurs, désignés comme exploitant. L’arrêté de mise en demeure du 1er septembre les somme de faire évacuer en priorité, sous un mois, les produits dangereux, parmi lesquels le propane, le fioul lourd, des sources radioactives, la soude liquide et les émulseurs anti-incendie.
Le texte leur laisse trois mois pour respecter l’ensemble de ses prescriptions. Il impose aussi une capacité d’intervention de pompiers présente en permanence jusqu’à l’évacuation complète des plaquettes, des rondins et du fioul lourd.
Comment l’État s’est substitué aux liquidateurs #
La procédure s’est ensuite durcie étape par étape. Le préfet des Bouches-du-Rhône a d’abord réquisitionné, le 8 septembre, un prestataire chargé des mesures d’urgence. Puis deux arrêtés du 18 septembre ont engagé une consignation de sommes contre les liquidateurs.
Le premier titre, de 4 488 100 € TTC, porte sur l’évacuation des produits et déchets dangereux. Le montant reprend un devis qui, selon les considérants de l’arrêté, n’intègre ni la vidange des tuyauteries, ni les émulseurs, ni les huiles. Le second, de 3 500 000 € TTC, concerne le traitement des effluents et la défense contre l’incendie.
Enfin, un arrêté de travaux d’office du 21 septembre a chargé l’Ademe de la prévention du risque d’incendie ou d’explosion et du gardiennage à compter du 1er octobre. L’agence n’est remboursée que dans la limite des fonds effectivement consignés, ce qui pose la question du coût final pour la collectivité.
Deux récits qui s’opposent #
Le gouvernement parle d’une « situation d’urgence impérieuse » et d’une « incurie » des liquidateurs. Ces derniers, dans un communiqué relayé mi-septembre, mettent en cause des interventions « sans autorisation et sans coordination » qui auraient conduit leur prestataire de sécurité à retirer ses équipes, et affirment avoir eux-mêmes proposé la mobilisation de l’Ademe.
Une dizaine d’anciens salariés, avec des soutiens extérieurs, sont par ailleurs entrés sur le site pour relancer les pompes et la station d’épuration. Ces versions émanent de parties au conflit : à ce stade, aucune décision de justice citée par ces sources ne tranche les responsabilités.
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Ce qui reste à surveiller #
L’évacuation des déchets présents et des produits combustibles demeure, selon les considérants de l’arrêté du 21 septembre, sous la responsabilité du liquidateur. L’intervention de l’Ademe ne solde donc pas le dossier, et l’arrêté du 1er septembre annonce des sanctions sans en chiffrer aucune.
Le sort de l’autre usine du groupe se joue parallèlement. À Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, le tribunal de commerce de Toulouse doit rendre sa décision le 12 novembre, sans offre ferme de reprise à ce stade, selon Le Maître papetier. La Région Occitanie demande que ce site soit protégé et maintenu en état.
Questions fréquentes #
Que signifie Seveso seuil bas ?
C’est l’un des deux niveaux de classement des sites industriels selon les quantités de substances dangereuses présentes. Le site de Tarascon relève du seuil bas, d’après sa fiche sur Géorisques citée par Actualités News Environnement.
Qui paie les travaux de l’Ademe ?
Ils sont réalisés aux frais de la société exploitante. L’agence récupère ses dépenses dans la limite des fonds consignés.
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Une pollution du Rhône a-t-elle été constatée ?
Les sources consultées évoquent un risque lié aux stockages proches du fleuve, sans faire état d’une pollution constatée à ce jour.




